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  • Nina Mabouadi

Ne laissez pas le deuil détruire votre famille



"Un matin de février 1999 en allant à mes cours, je n’étais pas bien au-dedans de moi, je me sentais très faible. Ma journée de cours terminée, rentrée chez moi, on cogne à ma porte aux environs de 19h : des frères et sœurs dans le Seigneur viennent m’annoncer le décès de mon papa. J’ai crié : NON ! Quelques larmes ont coulé. Je ne me suis pas alarmée. Il n’y avait pas de sanglots interminables… mais non pas parce que j’étais très forte et que je gérais la situation. Non, mais bien parce que ma confusion était grande ! Je ne croyais pas ce qui m’arrivait. Je ne comprenais pas que Dieu pût m’arracher mon père aussi tôt ! Mon père est décédé à 56 ans et pour moi c’était trop tôt ! Je faisais mes études pour la fierté de mon père. J’étais fière de mon père et je voulais toute ma vie qu’il soit là, à mes côtés. Ma vie dès ce jour prit une nouvelle tournure. La dépression s’installa. Je n’arrivais plus à étudier, ni à prier. Je réfléchissais tellement et refusais d’accepter qu’il était parti que j’en attrapai des migraines. Au milieu de mes amis, je « jouais » à la fille forte, mais dans ma chambre je pleurais, pleurais et pleurais tous les jours. C’est important de comprendre qu’on n’est pas dépressif seulement quand on a atteint un stade si avancé et qui nécessite un internement en hôpital psychiatrique. On est dépressif dès l’instant où, pour nous, la vie n’a plus de goût, quand on ne croit plus en rien. Et moi je ne croyais plus en l’espérance d’un avenir certain..." Extrait de mon livre Secrets de Femmes Les mois qui ont suivi le décès de mon papa, j'ai vu la cellule familiale que nous formions avec mes frères, se dégrader petit à petit. Le cocon que nous avions pour refuge était comme à ciel ouvert et nous étions désormais exposés à la division, à la douleur qui allait jusqu'à nous éloigner petit à petit les uns des autres. Je me souviens encore combien je voulais à cette époque que mon aîné prenne le rôle de mon papa alors que lui-même, tout comme moi, cherchait à guérir de cette blessure profonde que le deuil venait de causer. C'est après le décès de mon père que j'ai réalisé cette parole de Jésus alors qu'il était prêt de mourir, dans Luc 23:28: "Jésus se tourna vers elles, et dit : Filles de Jérusalem, ne pleurez pas sur moi; mais pleurez sur vous et sur vos enfants." Oh oui, lorsque vous perdez quelqu'un de cher, qui a une autorité dans la famille et qui joue pleinement son rôle, vous vous rendez très vite compte des lacunes, des faiblesses qui sont les vôtres. Et très vite, vous vous rendez compte que vous n'avez jamais construit en vous-mêmes des valeurs solides, mais que vous viviez l'amour familial, la cohésion, l'unité à travers la vie d'une autre personne. Vous étiez toujours présents aux repas de famille parce que cette personne rassemblait, parce que chacun voulait être avec cette personne et pas forcément avec les autres. Vous vous rendez compte que vous n'avez jamais appris à construire une relation solide, vraie, sincère avec les autres en réalité, la preuve en est qu'aujourd'hui vous avez toujours quelque chose à reprocher aux autres. Les autres, encore les autres, toujours les autres... Quand cette personne s'en va, vous réalisez que vous devez maintenant apprendre à aimer sans condition et ne pas passer votre vie à vous dire: lorsque mon père, mon frère, ma maman étaient là, nous étions heureux, unis, etc. Vous étiez heureux non pas parce que vous étiez avec les autres, mais avec CETTE personne. Vous avez besoin de guérir du deuil.

Un vieil adage dit: tant qu'il y a la vie, il y a de l'espoir.

Vous devez maintenant construire ces valeurs en vous et les partagez. Car le deuil laisse réellement des traces dans les cœurs, et ce, sur plusieurs générations. Suite à un deuil des familles transmettent la division au lieu de l'amour. Des petits-enfants grandissent sans connaître leurs grand-parents, les neveux leurs oncles...


Le deuil de mon père m'a tellement plongée dans le désarroi que j'étais convaincue que je n'allais jamais m'en sortir. Mais un jour, Jésus est venue à mon secours alors que je priais, et j'ai ressenti ce jour là qu'il ne m'avait pas abandonnée, non. Qu'il était un père pour moi et qu'il prendrait toujours soin de moi. J'ai accepté son amour, j'ai ouvert mon cœur à sa proposition de me guérir. Et j'ai appris à construire les valeurs comme l'amour, la patience, la bonté que mon papa incarnait. Et je ne vivais plus sous couvert de lui, mais j'appris à aimer ma famille sincèrement, aimer chacun et à être présent pour chacun quand je le peux. J'ai décidé de connaître à travers Jésus l'amour véritable et l'expérimenter. J'ai refusé que le deuil détruise mon avenir et celle de ma famille. Mon papa n'est peut-être plus là aujourd'hui, mais mes frères et sœurs, mes neveux sont là eux, et je refuse de vivre comme s'ils étaient inexistants. C'est mon histoire, une partie de mon histoire. Je prie qu'elle soit source d'espérance et de guérison pour toi. Ne laisse pas le deuil dicter ta manière de vivre. Ne cherche pas à vivre comme si le défunt regretté était toujours là. Mais apprends à développer les valeurs que tu admirais chez lui et transmets-les à tes proches. Il y a un avenir et de l’espérance pour toi et pour ceux qui t'entourent après le deuil. Je te bénis et déclare que Jésus te guérit maintenant et fait de toi une source de bénédiction au milieu de ta famille. Pasteur Nina Mabouadi

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